Partager sur facebook
Facebook
Partager sur pinterest
Pinterest
Partager sur email
Email

Connaissez vous les différences entre les truffes ?

Variétés de truffes vous avez dit? Mais de combien d'espèces parle-t-on?

Quand j’ai envisagé l’exploration du sujet des variétés de truffes, je pensais parler ici tout au plus de quelques sujets. Une “poignée de truffes”, vocable emprunté à l’excellentissime recueil de recettes, “La cuisinière Provençale” de Jean Baptiste Reboul. Mais là je m’égare. Même si l’explication de mon ignorance trouve certainement sa source dans le fait que, comme beaucoup, j’associe automatiquement la truffe à la gastronomie.

Selon l’index fungorum il existerait plus de 200 espèces, sous espèces et variétés. Mais il semblerait que dans cet index certaines espèces ont été mal recensées et que le nombre réel peut être ramené à un chiffre autour de 70. Ce qui reste très impressionnant.

Mais comment opérer une sélection?

Parties de la truffe champignon
Les parties de la truffe

Il ne pouvait dès lors pas s’agir dans cet article de quelques paragraphes de les traiter toutes. Une analyse plus approfondie de la cartographie trufficole nous a permis d’opérer une sélection à laquelle nous nous tiendrons modestement ici.

Cependant, toutes les truffes ne sont pas comestibles. De plus, celles qui le sont ne satisfont pas toutes aux attentes organoleptiques de nos palais de gastronomes plus ou moins avertis.

C’est pourquoi je me  limiterais ici à vous parler uniquement des variétés les plus communément retrouvées dans notre culture gastronomique française. La Tuber Melanosporum, la Tuber Aestivum, la Tuber Brumale, la Tuber Uncinatum ou truffe de Bourgogne, et pour finir la Tuber Magnatum ou Truffe Blanche d’Alba.

Cette dernière nous vient principalement du Piemont Italien mais, peut-être, bientôt, grâce aux pépinières Robin, se retrouvera dans nos belles truffières françaises.

Toutes les variétés de truffes se valent-elles?

Le projet des CAVEURS à cependant comme seul et unique sujet la truffe noire mélanosporum.

Pour tout vous dire, au départ, cet article devait s’intituler: “Toutes les variétés de truffes. Leurs qualités et leurs défauts.” C’est le terme “défauts” qui m’a poussé à me raviser.

En effet, peut-on parler de défaut si une truffe est non comestible ? Ou encore pourrait-on la qualifier de mauvaise si elle est gustativement inintéressante pour l’humain et juste bonne à nourrir les cochons ? Dans l’esprit des CAVEURS, Dame Nature a fabriqué un monde dans lequel chaque espèce à un rôle précis à tenir. De ce fait il ne peut il y avoir de défauts. Tout au plus se peut-il que l’ADN de la perfection nous échappe de temps à autres 😉

Et les nommées sont?

Toujours dans l’esprit d’humilité qui nous anime, nous voulons ici donner une brève description des qualités des 5 variétés que nous avons retenues. Nous vous donnerons à la fin de l’article quelques références pour ceux qui, comme nous, finissent par vouloir aller un peu plus loin.

  • En premier lieu la Tuber Melanosporum. La reine des truffes françaises au péridium noir ébène. Son granulé aux  reflets de café noir laisse entrevoir, une fois canifée, un magnifique marbré noir et ivoire . On la trouve, entre fin Novembre et fin Mars, dans le Sud Est et le Sud Ouest principalement et également en Espagne et en Italie. Mais, pour avoir essayé, celles de chez nous ont les qualités organoleptiques les plus exceptionnelles.
  • Ensuite l’ Aestivum ou encore appelée truffe d’été. On la trouve principalement en France et en Italie entre Mai et Septembre. Très noire, au péridium plus dur que ses cousines, à la gléba très blanche et aux arômes subtils de sous-bois et de noisettes torréfiées. Elle se consomme fraiche et ne supporte pas la cuisson.
  • Pour suivre la Tuber Brumale. Elle se récolte de Décembre à Mars sur les mêmes terrains que la truffe noire du Périgord. Son aspect est plus rugueux et son marbré présente des nervures blanches assez grossières. Son odeur peut être qualifiée de musquée avec des connotations d’éther à trop forte maturité. Son gout agréable mais sans plus est légèrement sucré.
  • Puis la truffe de Bourgogne. On la trouve principalement en Bourgogne comme son nom l’indique. Son parfum est proche de la mélano mais moins puissant se rapprochant plus des odeurs de champignons de sous-bois. Elle se récolte de Septembre à Décembre.
  • Et pour finir la Tuber Magnatum. Jusqu’il y a peu, totalement sauvage on la trouvait uniquement autour d’Alba dans le Piemont Italien. Son péridium blanc/occre révèle une fois canifé une gléba occre parsemée de nervures très blanches. Récoltée à maturité entre Octobre et Décembre, elle est aussi la plus chère des truffes avec des prix pouvant atteindre 5.000 € le kilo.

Le choix des CAVEURS

Comme nous l’avons dit précédemment, toutes les truffes sont à notre sens parfaites, autant l’alchimie entre le système racinaire d’un arbre et le mycelium relèvent de la magie du vivant. 

Cependant le projet des Caveurs a comme seul et unique sujet la truffe noire mélanosporum. Ses qualités organoleptiques d’une élégance inégalable, le mystère de sa gestation ainsi que l’histoire de la trufficulture sont pour nous une source intarissable d’inspiration.

Ce choix délibéré de ne traiter que de truffes noires issues des cultures trufficoles les plus exigeantes ne nous a néanmoins pas interdit d’aller plus loin. Là encore, l’exercice s’est révélé bien plus ambitieux que ce que nous l’avions imaginé. Les publications scientifiques traitant de la mélanosporum sont tellement nombreuses qu’il serait impossible de les citer toutes ici. Mais nous voulons en citer au moins deux particulièrement instructives. Même si parfois un peu exigeantes avec nos petits neurones de non-scientifiques! Nous vous invitons à lire l’excellente étude de Claude Murat, traitant de la diversité génétique de la truffe blanche du Piémont et de la truffe noire du Périgord.Par ailleurs plongez vous avec gourmandise dans la non moins brillante thèse de doctorat d’ Elisa Taschen, Interactions biotiques et biologie reproductive de la Truffe noire Tuber melanosporum. 

Toutefois j’avoue que ces passionnantes lectures là sont pour les vrais mordus de la Truffe qui, comme LES CAVEURS, ont été complètement captivés par la Rabasse!